Rêver à l’avenir
Édito de Claudia
Alors que 2026 vient à peine de commencer, je prends un temps pour m’arrêter, pour penser à l’année qui s’en vient. Plutôt que de faire un bilan de mon année 2025, j’ai envie de ne regarder que vers l’avant, vers le futur.
C’est un sentiment étrange que je ressens. Présentement à Madagascar, pays de mes ancêtres et où mes parents ont vécu avant d’immigrer au Canada, je ne pensais pas que ce voyage me ferait autant penser au futur. Je croyais que j’y allais pour comprendre mon passé et mon présent, pas pour rêver autant à l’avenir.
Lorsqu’on prépare un voyage qui s’inscrit dans notre quête identitaire, on pense souvent au passé et au présent. Au passé parce qu’on veut reconnecter avec sa culture et ses traditions, car elles nous aident à nous définir et à nous recentrer. On cherche aussi à retrouver les traces du passé de nos parents, de nos grands-parents et de nos ancêtres. Retrouver concrètement les rues qu’ils nous ont racontées, les maisons qu’ils nous ont décrites et les paysages qui les ont vus grandir. On pense aussi au présent en découvrant ce que le pays est devenu depuis qu’il a été quitté, comment il diffère de ce qu’on a entendu, étudié et pensé comprendre. On est aussi connecté au présent parce que ce genre de voyage dévoile où on en est aujourd’hui dans notre cheminement, dans nos questionnements, nos découvertes, nos incompréhensions, nos déconstructions en construction, nos attentes, nos illusions et nos désirs.
Mais, maintenant que je suis ici, c’est fou comme l’idée du futur envahit mes pensées. Je rêve déjà à mon prochain retour, aux collaborations qui prendront forme, à ce que je ferai en rentrant et aux projets qui naîtront avec les artistes rencontrés ici. Tout me projette vers l’avant et me donne envie de créer : les couleurs m’inspirent, les paysages m’émeuvent, les chants et les danses m’emportent, la langue m’habite, les visages font résonner quelque chose en moi, et le temps passé avec ma famille d’ici me transforme.
Un voyage identitaire ne se passe jamais comme on l’imagine. Ici, rien ne s’est déroulé comme prévu, et c’est tant mieux. Mon itinéraire s’est déplacé au fil des jours, porté par des conversations, des détours et des rencontres inattendues. J’aime cet état où je me laisse doucement bercer par l’imprévu et où je me permets de rêver à l’avenir. Je pense à ma nouvelle relation avec Madagascar, à ce qui nous attend elle et moi. Je sens que notre futur sera beau et qu’il évoluera au fil des années, au fil de nos retrouvailles, au fil du temps.
Parce que oui Mada, c’est une relation à long terme que je veux avec toi. ♥️
Du haut d’un toit d’Antananarivo, je nous souhaite à tous et à toutes une année douce et pleine de rêves où l’idée d’un futur serein nous inspire, nous motive et nous réconforte.
Mora Mora diraient les Malgaches.
Parce que oui : Doucement, tranquillement, on a le temps et tout se fera
Édito de Claudia Chan Tak, extrait de l’infolettre de Lorganisme, janvier 2026